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Journée internationale de la fille

Date de publication : 2017-10-11

 


Autonomisation des filles: avant, pendant et après une crise

La vie de nombreuses filles bascule à la suite d'un événement climatique, d'une catastrophe naturelle ou d'un conflit prolongé. Dans de telles situations, ces filles sont non seulement susceptibles d'être déracinées, mais sont exposées à des dangers, privées de leurs droits et vulnérables juste parce que ce sont des filles[1]. La plupart de ces dangers sont directement liés aux désavantages économiques, politiques, sociaux et culturels qu'elles subissent au quotidien.

Par exemple, en temps de crise, les filles ont généralement moins de ressources, sont moins mobiles et rencontrent davantage de difficultés pour accéder à des informations et à des réseaux d'importance vitale. À la suite d'une catastrophe naturelle, la violence est également susceptible de s'intensifier. Cela comprend la violence sexuelle, la violence liée au genre en milieu scolaire et le mariage des enfants, des pratiques qui portent atteinte aux droits de l'homme les plus fondamentaux et au droit des enfants à être protégés.

Heureusement, les filles sont aussi résilientes. Des solutions à long terme conçues avec et pour les filles peuvent leur permettre de renforcer cette résilience et d'opérer des transformations qui auront une incidence tout au long de leur vie. Il est nécessaire de donner aux filles, en particulier aux adolescentes, des espaces qui leur permettent de parler des défis qu'elles rencontrent au quotidien et d'explorer des solutions adaptées à leur situation, de façon à ce qu'elles puissent bâtir un avenir meilleur, pour elles-mêmes et pour leur communauté.

L'autonomisation des filles requiert un investissement et une collaboration ciblés dans les domaines de la préparation aux situations d'urgence, des interventions d'urgence et du développement. Fournir aux filles les services nécessaires, ainsi que la sécurité, l'éducation, les compétences et la résilience dont elles ont besoin au quotidien peut réduire les dangers auxquels elles sont exposées en cas de conflit ou de catastrophe naturelle.

Le 11octobre2017, la Journée internationale de la fille mettra en évidence les défis et les possibilités de millions de filles avant, pendant et après une crise. Cette journée aura pour thème «Autonomiser les filles: répondre aux situations d'urgence et planifier la résilience». Elle attirera l'attention sur les efforts déployés par des filles autonomes dans différentes situations d'urgence pour prévenir la violence, construire des communautés résilientes et acquérir les compétences nécessaires au XXIesiècle pour devenir ainsi les chefs de file de demain en matière de réduction des risques de catastrophes naturelles et d'interventions d'urgence.

Le message sera diffusé dans une vidéo qui bénéficiera du soutien d'une alliance de partenaires et qui figurera sur la page d'accueil de Google dans 52pays le 11octobre. Des campagnes mondiales seront également lancées sur U-Report et les médias sociaux.

Bien plus qu'une journée

La Journée internationale de la fille marque le début d'un effort de programmation et de communication qui durera toute l'année et qui visera à réunir des partenaires multisectoriels afin de sensibiliser le monde aux besoins des filles et aux possibilités qui doivent leur être offertes, et notamment aux questions suivantes:

·l'accès à des programmes spécifiquement conçus pour répondre aux nécessités des filles, qui mettent l'accent sur l'élimination de la violence et prennent en considération les besoins et les contributions des filles issues de groupes vulnérables, dont les filles en situation de handicap;

·la participation des filles à l'ensemble des processus les concernant, y compris la gestion des catastrophes naturelles et la résilience, la consolidation de la paix et les efforts de relèvement;

·le besoin de disposer de données précises, recueillies de manière sûre et éthique, sur les filles dans les situations d'urgence, afin d'identifier les lacunes et les possibilités en matière de programmation, de suivre les résultats et les progrès des initiatives en place et de maintenir la redevabilité.

Données et messages clés

En temps de crise, à la suite d'une catastrophe naturelle, d'un conflit ou d'un événement climatique, les filles font face à des dangers particuliers, voient leurs droits bafoués et sont vulnérables juste parce que ce sont des filles.

Il est particulièrement difficile pour les filles d'accéder à des ressources, des informations et des réseaux sociaux d'importance vitale[2].

Dans les pays touchés par un conflit, les filles ont 2,5 fois plus de risques que les garçons d'être déscolarisées[3].

Bien que les données sur les filles dans les situations d'urgence soient limitées, dans une enquête de2017 réalisée dans des régions d'Éthiopie et de République démocratique du Congo affectées par des conflits, 52% des adolescentes interrogées ont rapporté avoir subi au moins une forme de violence au cours des 12mois précédant l'enquête[4].

La violence est présente à toutes les étapes d'un conflit et peut même s'intensifier à la suite d'une catastrophe naturelle. Cela comprend la violence sexuelle, la violence liée au genre en milieu scolaire et le mariage des enfants, des pratiques qui mettent en péril la santé et la protection des enfants et portent atteinte à leurs droits les plus fondamentaux. Les victimes sont généralement des femmes et des adolescentes, rendues plus vulnérables dans le tumulte de la crise[5].

L'élaboration de programmes à long terme, adaptés à chaque âge et conçus avec et pour les filles peut renforcer la résilience des millions de filles qui vivent déjà en situation d'urgence[6] ou dans un contexte fragile ou risqué.

Il est essentiel de trouver des solutions innovantes qui permettent aux filles de faire entendre leur voix et de recevoir des informations pertinentes. Ainsi, U-Report, l'outil de messagerie de l'UNICEF qui enregistre 3,6millions de jeunes abonnés, a permis de diffuser des informations essentielles et de répondre aux questions des jeunes après le passage des ouragans Irma, Jose et Maria. Sur l'ensemble des utilisateurs de l'outil, plus de 8700sont des filles.

Il est essentiel d'aider les filles à trouver des moyens d'assurer leur sécurité. Au Népal, par exemple, l'UNICEF a travaillé avec des filles et des garçons à la création de cartes de risques propres à leur communauté et à leur établissement scolaire. Ces cartes ont ensuite été utilisées dans des stratégies locales visant à protéger les points d'eau, à dégager les canalisations et à sécuriser les établissements scolaires pendant la saison des pluies[7].

Les menstruations sont un véritable problème pour les filles dans les situations d'urgence humanitaire: elles n'ont nulle part où se procurer des protections hygiéniques et ne disposent d'aucune installation pour les laver, les faire sécher ou les jeter[8]. En2016, l'UNICEF a fourni du matériel d'hygiène et de santé menstruelle à près d'un million de femmes et de filles en situation d'urgence humanitaire dans 31pays[9].

Le Pacte mondial pour les jeunes dans l'action humanitaire (Pacte jeunesse), signé par l'UNICEF et plus de 40organisations humanitaires, vise à garantir que les jeunes, y compris les adolescentes, sont informés, consultés et pleinement associés à toutes les phases de l'action humanitaire[10].

 

Fournir aux filles les services nécessaires, ainsi que la sécurité, l'éducation, les compétences et la résilience dont elles ont besoin peut réduire les dangers auxquels elles sont exposées en cas de conflit ou de catastrophe naturelle. Pour cela, des efforts coordonnés doivent être mis en place avant la survenue de la crise et doivent être maintenus une fois la crise passée.

Les gouvernements doivent disposer de mesures législatives, de politiques et de programmes multisectoriels visant à lutter contre la violence de façon à prévenir la multiplication des mauvais traitements en situation de crise.

En situation d'urgence, les espaces sûrs permettent aux jeunes de se sentir en sécurité, tant physiquement qu'émotionnellement, et libres de s'exprimer sans craindre d'être jugés ou blessés. Ces espaces doivent leur fournir des informations sur la santé sexuelle et reproductive des filles, s'attacher à développer des réseaux sociaux et transmettre des compétences nécessaires à la vie courante, et répondre aux besoins des jeunes mères et des filles mariées ou enceintes[11].

Les prestataires de soins de santé qui se trouvent en première ligne dans les interventions d'urgence peuvent jouer un rôle déterminant pour identifier les situations à risque, élaborer des stratégies de prévention et orienter les filles vers les services appropriés[12].

Il est nécessaire de réduire les risques de violence à l'égard des filles et de répondre à grande échelle à leurs besoins uniques et dans le respect des normes humanitaires[13], y compris dans les établissements scolaires.

Il est nécessaire d'inclure la question de la violence liée au genre en milieu scolaire dans les programmes d'éducation afin de sensibiliser les enseignants, notamment aux stéréotypes sexistes dans les ressources pédagogiques[14].

Il est impératif d'investir davantage à l'appui de l'éducation des filles vivant dans des régions touchées par des conflits. Pour combler le manque de financements, il nous faut réunir 8,5milliards de dollars É.-U. chaque année[15].



 

 



[1] Stratégie internationale des NationsUnies pour la prévention des catastrophes: The Human Cost of Weather Related Disasters[Le coût humain des catastrophes liées au climat]: https://www.unisdr.org/2015/docs/climatechange/COP21_WeatherDisastersReport_2015_FINAL.pdf (en anglais uniquement).

[2] Women's Refugee Commission: I'm Here: Adolescent Girls in Emergencies [Je suis ici: les adolescentes dans les situations d'urgence]: https://www.womensrefugeecommission.org/populations/adolescent-girls/research-and-resources/1078-i-m-here-report-final-pdf (en anglais uniquement).

[4] US National Library of Medicine National Institutes of Health: «Prevalence, associated risk factors of violence against conflict-affected female adolescents» [Prévalence de la violence et facteurs de risques associés à la violence à l'encontre des adolescentes affectées par des conflits]: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5460397 (en anglais uniquement).

[5] Fonds des NationsUnies pour la population: Gender-based violence in humanitarian settings [La violence sexiste dans les situations d'urgence humanitaire]:http://www.unfpa.org/resources/gender-based-violence-humanitarian-settings.

[8] UNICEF: Menstrual Hygiene Management in Emergencies: Taking Stock of Support from UNICEF and Partners[Gestion de l'hygiène menstruelle dans les situations d'urgence humanitaire: le point sur le soutien fourni par l'UNICEF et ses partenaires]: https://www.unicef.org/wash/schools/files/MHM_in_Emergencies-vConf.pdf (en anglais uniquement).

[9] UNICEF Annual Results Report 2016 Gender Equality, p. 51, «Cross-Cutting Areas»– «Humanitarian Action and Gender» [Rapport annuel de l'UNICEF sur l'égalité des sexes2016, p.51, Domaines d'action intersectoriels– Action humanitaire et sexe, en anglais uniquement].

[12]Fonds des NationsUnies pour la population: Normes minimales pour la prévention et la réponse à la violence basée sur le genre dans les situations d'urgence: http://www.unfpa.org/fr/node/13425.

[13] Directives pour l'intégration d'interventions ciblant la violence basée sur le genre dans l'action humanitaire: http://gbvguidelines.org/fr/accueil/.

[14]Initiative des NationsUnies en faveur de l'éducation des filles (UNGEI).

[15] Initiative Education Cannot Wait [L'éducation ne peut attendre]:http://www.educationcannotwait.org/the-situation (en anglais uniquement).


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