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Place à l'économie solidaire et sociale

Dans le cadre de l'«opérationnalisation» du Plan quinquennal de développement 2016-2020, le ministère du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale (Mdici) a élaboré une étude stratégique sur l'économie sociale et solidaire. 
Cette étude, première en son genre en Tunisie, a été réalisée avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement en Tunisie (Pnud) et la participation de tous les acteurs et partenaires socioéconomiques et la société civile. 
Dans le but de communiquer les résultats de cette étude stratégique, le ministère a organisé, récemment, sous le haut patronage du chef du gouvernement, une conférence nationale sur le thème évocateur : «L'économie sociale et solidaire, levier du développement en Tunisie». Lors de cette conférence, il y a eu présentation des résultats de l'étude stratégique sur l'économie sociale et solidaire, réalisée avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement en Tunisie (Pnud).

Champ libre à l'initiative
Cette étude vise à doter la Tunisie, conformément aux orientations du Plan de développement 2016-2020, d'un cadre stratégique d'affirmation et de développement de l'économie solidaire et sociale à travers un état des lieux bien documenté, une vision stratégique pour l'économie sociale et solidaire, des axes stratégiques et un plan de mise en œuvre pour les cinq prochaines années. L'objectif étant d'asseoir et de promouvoir l'économie sociale et solidaire pour assurer une meilleure inclusion économique et sociale, et une contribution à la création de richesses et d'emplois.
Selon l'étude en question, la crise économique et sociale que connaît la Tunisie depuis janvier 2011 et les revendications sociales conséquentes laissent davantage de champ libre à l'initiative des organisations de l'économie sociale et solidaire, notamment pour la fourniture de services sociaux, point faible des secteurs public et privé, à l'évidence en difficulté. Les organisations de l'économie sociale et solidaire présentes, depuis des décennies, doivent se développer pour répondre à la crise du système de protection sociale et tirer parti des contraintes et des opportunités offertes par les grandes évolutions économiques et sociales. 
Une demande sociale de plus en plus forte, non satisfaite par les deux secteurs public et privé, est constatée. Avec des taux de croissance autour de 5%, certains groupes sociaux, notamment les jeunes et les femmes, et certaines zones géographiques, essentiellement les régions de l'intérieur, étaient exclus des fruits de la croissance. Avec une croissance molle, depuis le bouleversement politique de janvier 2011, les disparités régionales et les vulnérabilités sociales se sont accentuées. 
Aujourd'hui, le pays est confronté à des difficultés économiques et sociales faiblement maîtrisées et à une forte demande sociale avec des attentes en forte augmentation. On peut facilement dresser une liste de ces demandes non satisfaites et qui concernent notamment la délinquance, l'isolement des personnes âgées, l'insuffisance des structures d'accueil pour la petite enfance, l'échec scolaire, la dégradation de l'environnement, le nombre croissant de «nouveaux pauvres», la redynamisation de zones rurales désertées, la requalification et la réinsertion professionnelle des personnes marginalisées sur le marché du travail ou la réhabilitation économique des quartiers urbains déshérités et autres. 

Vulnérabilités sociales
Les difficultés qu'éprouvent encore les secteurs, public et privé, sont autant de facteurs qui offrent une légitimité et une fonction propre à l'économie solidaire et sociale, qui dépasse de loin le rôle résiduel qui lui est généralement attribué. Un secteur public, de plus en plus en difficulté, peine à trouver des solutions pour l'emploi. Depuis janvier 2011, les problèmes du chômage et des vulnérabilités sociales deviennent de plus en plus aigus. 
Les services publics se dégradent et les ressources publiques se réduisent. L'Etat providence, qui gère tous les services, n'est plus en mesure de le faire. Entre 2011 et 2016, selon des motivations variées, le secteur public a procédé, pour amortir les revendications sociales, à des recrutements massifs. Avec 650.000 fonctionnaires dans l'administration publique pour une population d'environ 11 millions d'habitants, c'est vraiment trop. D'ailleurs, l'Etat ne peut plus recruter. L'appareil administratif est de plus en plus bureaucratique. Le retard d'action, les tiraillements, la résistance aux changements et le manque d'initiative deviennent coûteux et entravent la performance de l'action publique.
L'Etat consacre, annuellement, environ mille millions de dinars par an à l'emploi. De multiples programmes actifs ont été mis en place, à savoir le chèque d'amélioration de l'employabilité, le stage d'initiation à la vie professionnelle (Sivp), le contrat emploi et solidarité, le service civil volontaire, le programme Amal, le programme de partenariat avec les régions, le programme d'appui aux promoteurs des petites entreprises, le programme Forsati et le contrat de dignité. Toutes ces politiques et tous ces programmes sont coûteux et inefficients, toujours d'après l'étude précitée. Il suffit d'avancer un seul indicateur : le chômage ne cesse de croître.
L'économie solidaire et sociale représente à travers le monde une force économique et sociale bien plus considérable qu'on pourrait l'imaginer habituellement. En tant qu'économie distincte, elle se place au sixième rang mondial en termes de valeur ajoutée, après les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l'Allemagne et la France. En 2015, les 300 premières coopératives et mutuelles, au niveau mondial, ont réalisé un chiffre d'affaires d'environ 2.500 milliards de dollars USD. Plus de 32 % d'entre elles sont actives dans le secteur agricole, 39% dans les assurances, 19% dans la vente en gros et au détail et 6% dans le secteur bancaire et les services financiers. Le secteur coopératif a créé au moins 250 millions emplois à temps plein ou partiel, représentant 12% de l'emploi total dans l'ensemble des pays du G20. 
Selon une estimation récente, quelque 28 millions d'emplois à plein temps dans l'Union européenne sont créés par l'économie solidaire et sociale, soit près de 12,9% de l'emploi total. En France, cette économie rassemble 221.325 établissements employeurs et 2.370.301 salariés, soit 10,5% du total de l'emploi dans l'économie générale. 78% des emplois sont fournis par les associations, 13% par les coopératives et 6% par les mutuelles. Avec une valeur ajoutée de 100 milliards d'euros, l'ESS contribue pour près de 10% au PIB. Dans des pays, comme le Luxembourg et le Pays-Bas, la contribution du secteur dépasse même les 20 % de l'emploi total.

Source : La presse

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