Conférence de presse pour le lancement du rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2010. Allocution du Docteur Mohammed Belhocine, Président du Groupe Thématique des Nations Unies sur le sida.
Date : Du
26/11/2010 Au
26/11/2010
Lieu :
ATCE, Tunis
Conférence de presse pour le lancement du rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2010
Vendredi 26 Novembre 2010
Allocution du Docteur Mohammed Belhocine
Président du Groupe Thématique des Nations Unies sur le sida
Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies en Tunisie
Monsieur Hichem Abdeslam, Directeur de la Coopération Technique au Ministère de la Santé Publique,
Monsieur Moncef Sidhom, Directeur des Soins de Santé de Base, au même Ministère
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier, en mon nom propre et au nom du Groupe Thématique des Nations Unies sur le sida en Tunisie, pour votre présence aujourd’hui, et de remercier particulièrement Messieurs Mongi Zidi et Ezzeddine Besbes pour l’appui de l’ATCE à l’organisation de cette conférence de presse.
Nous sommes réunis aujourd’hui pour le lancement national de l’édition 2010 du Rapport sur l’épidémie mondiale de sida publié par le Secrétariat de l’ONUSIDA, dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre 2010). Élaboré à partir des données les plus récentes provenant de 182 pays, dont la Tunisie, cet ouvrage de référence mondial propose une analyse exhaustive de l’épidémie de sida et de la riposte.
Tout d’abord, il apporte une bonne nouvelle : globalement le monde a atteint l’objectif du millénaire pour le développement 6.A qui était de « Freiner et commencer à inverser la courbe de l’épidémie ». En effet, le nombre de nouvelles infections est en baisse, avec une réduction de près de 20% des nouvelles infections sur les 10 dernières années, de même que le nombre de décès liés au sida (qui est de 1,8 million en 2009 contre 2,1 millions en 2004).
Nous pouvons être fiers de ces acquis qui prouvent encore une fois que la prévention du VIH marche, que le traitement du sida marche.
Les acquis sont donc réels. Mais la situation reste fragile. Les acquis sont menacés par trois facteurs : les inégalités, le non respect des droits humains, et la baisse des investissements financiers dans la riposte. Du chemin reste donc à parcourir pour concrétiser l’objectif zéro, c'est-à-dire « zéro discrimination, zéro infection par le VIH et zéro décès liés au sida »
En 2009, on estimait à plus de 33 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH et à 10 millions le nombre de personnes ayant besoin d’un traitement mais n’y ayant pas accès.
En 2009, 370 000 enfants sont nés avec le VIH et le nombre total d’enfants ayant perdu leurs parents à cause du VIH a augmenté à 16,6 millions en 2009.
La situation du VIH et du sida dans le monde reste inégale. Qu’en est-il dans notre région d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ? Par comparaison à l’année 2001, la situation se caractérise en 2009 par cinq traits principaux:
1. une hausse de la prévalence du virus : de 180 000 à 460 000 cas (presque trois fois plus de cas alors que la population n’a pas augmenté d’autant).
2. une hausse des nouvelles infections à VIH : de 36 000 à 75 000 cas, soit presque deux fois plus de nouveaux cas.
3. une hausse des décès liés au sida : 8300 à 23 000 soit presque trois fois plus de décès.
4. des épidémies nationales souvent alimentées par l’usage de matériel non stérile d’injection de drogues dans de nombreux pays (surtout Iran et Libye, mais aussi d’autres pays dont la Tunisie)
5. et le plus faible taux régional de couverture par le traitement anti-rétroviral (11% contre 36% mondialement et 53% en Tunisie).
La situation du VIH et du sida dans le monde est aussi menacée par le non respect des droits humains des patients et des personnes vivant avec le VIH. La Déclaration d’engagement sur le VIH/sida de 2001 et de la Déclaration politique sur le VIH/sida de 2006 portent des dispositions en faveur de la protection des droits des personnes. Ces déclarations ont été signées par de nombreux pays, dont la Tunisie. Il reste que des lois et des pratiques discriminant les personnes vivant avec le VIH, les femmes et les groupes marginalisés sont encore en vigueur dans de nombreux pays, plombant ainsi les acquis de la riposte au sida et menaçant l’atteinte des cibles de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et d’appui en rapport avec le VIH.
C’est la raison pour laquelle la commémoration de la journée mondiale de lutte contre le sida est placée pour la deuxième année consécutive sous le thème « Accès universel et droits de l’homme ». Le choix de ce thème a été renouvelé car il est fondamentalement nécessaire de protéger les droits de la personne et de rappeler aux pays de tenir leurs engagements en supprimant les lois et les pratiques discriminatoires qui bloquent une riposte efficace au VIH. Ainsi en ce qui concerne par exemple la prévention de la transmission du VIH auprès des usagers de drogues injectables, la mise en œuvre de législations et politiques publiques respectueuses des droits humains et des impératifs de santé publique a permis de réduire drastiquement la transmission du VIH dans certains pays (comme l’Ukraine), en comparaison avec ceux n’ayant pas mis en place de telles interventions.
Un aperçu plus détaillé sur le contenu du rapport vous sera donné en 2ème partie de cette conférence de presse, notamment sur les feuilles de résultats contenant des informations classées par pays sur les questions clés qui touchent la riposte au sida.
Avant de conclure, je souhaite saisir l’opportunité de votre présence pour annoncer que le 30 novembre prochain, l’UNICEF publiera le rapport «Enfants et sida » qui fera état de la situation de l’infection à VIH chez les enfants dans le monde et proposera un ensemble d’actions clés pour réduire la transmission mère-enfant du VIH et assurer un meilleur accès des enfants et des adolescents aux services de prévention, de soins et d’appui.
Je souhaiterais conclure en affirmant que les progrès futurs dépendront en grande partie des efforts conjoints entre tous les intervenants de la riposte au sida, institutions publiques, société civile, organisations onusiennes et autres partenaires internationaux, et notamment des investissements pérennes dans la riposte. Nous ne sommes pas encore en position de dire « mission accomplie » et pourtant en 2009, le financement international de la riposte au sida a baissé pour la première fois de son histoire. Nous devons continuer à travailler de concert pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement.
Nous savons que les solutions existent, qu’il y a une volonté politique et sociétale pour amener un changement. La 4ème décade de la pandémie de sida devrait être celle d’un déploiement efficient et stratégique de la lutte, pour accélérer les progrès pour atteindre des résultats durables pour tous.
L’ONUDI organise avec l’UTICA et l’ATUGE un séminaire sur « les industries compétitives pour le développement de l'Afrique »
Date : Du
24/11/2010 Au
24/11/2010
Lieu :
UTICA, Tunis
Les industries compétitives pour le développement de l'Afrique
L'Afrique, en dépit de la richesse de ses ressources naturelles et de la jeunesse de sa population, souffre de plusieurs contraintes d'ordre socio-économique, à même de freiner son processus de développement économique et d'ouverture à l'international. La solution consiste à aider le continent noir à promouvoir des industries compétitives à même de garantir un développement durable aux populations africaines.
Dans la perspective de mieux appréhender cette démarche, un séminaire sur le thème « les industries compétitives pour le développement de l'Afrique », a été organisé, mercredi, à Tunis, par l'Association des tunisiens des grandes écoles(ATUGE) avec le concours de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) et de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI).
Cette manifestation a pour objectif d'approfondir la réflexion sur les moyens devant améliorer le processus d'industrialisation de l'Afrique et de faire le point sur les efforts déployés en vue de garantir un développement industriel durable dans le continent.
Elle constitue également une occasion pour la communauté internationale et les différents organismes spécialisés, à l'instar de l'Organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI), la Banque Africaine de développement(BAD) et la commission économique pour l'Afrique, de réaffirmer leur engagement en faveur de l'industrialisation de l'Afrique.
Les représentants de ces organismes ont renouvelé, à cette occasion, leur engagement à mettre en œuvre le plan d'action de l'Union Africaine pour le développement industriel accéléré de l'Afrique.
Dans son intervention, Mme Monica Carco, représentante de l'ONUDI à Tunis a souligné que cette stratégie repose sur une mobilisation judicieuse des ressources financières et non financières (ressources humaines, technologiques..) et leur affectation à la transformation industrielle des ressources du continent.
Cette démarche, a-t-elle poursuivi, vise également à jeter les bases d'une gouvernance industrielle en Afrique, à développer une infrastructure de base propice au développement économique du continent, à promouvoir les ressources humaines, à accroître la valeur ajoutée de la production et à stimuler les investissements, notamment, dans les secteurs énergétiques( promotion des énergies renouvelables, transformation des ressources énergétiques) et des industries minières et manufacturières.
La représentante de l'ONUDI a appelé à cette occasion, les partenaires de développement de l'Afrique ainsi que le secteur privé à soutenir ces efforts et à concrétiser, en projets bancables, la stratégie de mise en œuvre du plan d'action de l'Union Africaine pour le développement industriel accéléré en Afrique, qui, a-t-elle, dit, constitue un « cadre stratégique essentiel pour promouvoir des industries compétitives pour le développement de l'Afrique ».
Ce forum a permis également de passer en revue les obstacles qui entravent le processus de développement de l'Afrique, dont l'absence de complémentarité entre les systèmes économiques africains, infrastructures peu développées (routes, transport ferroviaire inexistant), la formation des ressources humaines, en plus des contraintes socio-économiques ( taux de pauvreté élevé, analphabétisme..).
Face à cette situation, les conférenciers ont recommandé de développer davantage l'infrastructure de base, de mettre à niveau le tissu industriel des pays africains, de soutenir et d'assister techniquement les PME et PMI Africaines, de favoriser une meilleure intégration africaine, d'éliminer les barrières douanières, de renforcer le partenariat public privé et de mettre en place un environnement des affaires propice au développement du continent(cadre institutionnel, réglementaire).
Analysant l'ensemble de ces contraintes, MmeNeila Amara, experte à l'ONUDI a indiqué que ces insuffisances ont un impact très significatif sur le rendement de l'industrie Africaine dont le coût de production est le plus élevé dans le monde et que les entreprises africaines supportent des coûts directs et indirects estimés à 50% de leur chiffre d'affaires.
La conférencière a avancé, à cet effet, qu'en moyenne (+13%) des heures de travail sont perdues en raison du manque de fiabilité de l'infrastructure, plus particulièrement à cause des coupures d'électricité.
Du fait de ce manque à gagner, a-t-elle dit, les entreprises africaines sont 20% moins compétitives que celles du reste du monde.
Dans son intervention M. Afif Chelbi, ministre de l'industrie et de la technologie a indiqué que l'Afrique, malgré sa faible contribution à la richesse mondiale (2,5%) et aux exportations internationales(3,5%) ne manque pas d'atouts pour le développement d'une industrie compétitive à même de booster sa croissance économique et d'améliorer les conditions de vie de ses populations.
Il a évoqué, dans ce cadre, l'expérience tunisienne dans ce domaine ainsi que les différents programmes engagés en vue de positionner l'industrie tunisienne sur une nouvelle orbite de compétitivité, basée sur l'innovation, la créativité et la maîtrise des technologies.
Le ministre a indiqué que ces programmes s'articulent autour du renforcement de l'infrastructure technologique(pôles de compétitivité, centres techniques, laboratoires), du développement du réseau université entreprises, de la mise en place de mécanismes de financement de l'innovation et de la promotion de la Tunisie en plate-forme industrielle et technologique.
M. Chelbi a rappelé que la Tunisie n'a cessé d'œuvrer à la consolidation de sa coopération avec l'ensemble des pays africains, notamment dans le domaine de l'industrie, relevant que cette démarche a permis d'accroître les échanges commerciaux avec l'Afrique à 4,405 MD en 2009 contre 2,334 MD en 2005.
Parallèlement, cette démarche a été accompagnée, a- t-il dit, par l'accélération du rythme d'investissement tunisien en Afrique, notamment dans le secteur industriel, avec quelque 30 entreprises tunisiennes actuellement implantées en Afrique, soulignant que ce nombre était insignifiant au début des années 90.
Pour sa part M. Hédi Djilani, président de l'UTICA, a appelé dans ce cadre, à favoriser l'échange d'expertises et de technologies de l'Afrique du Nord vers les autres pays du continent dans le cadre d'une approche de co-développement.
Il a souligné que la compétitivité en Afrique ne saurait reposer uniquement sur les avantages comparatifs existants, en l'occurrence le grand réservoir de richesses dont regorge le continent, mais devrait s'appuyer sur la création d'avantages comparatifs dynamiques (compétences techniques, capacités technologiques) à même d'assurer la compétitivité de l'Afrique et de consolider son positionnement dans le système économique international.
Recueil Presse